mercredi 10 août 2011

Le voleur d'âmes d'Ann Benson


Résumé éditeur :

1440. Guillemette le Drappière, mère supérieure d'un couvent de Nantes, enquête sur la disparition d'un enfant dans la région. Bien vite elle s'aperçoit que le cas n'est pas isolé, qu'au fil des années ce sont des dizaines de jeunes enfants qui se sont volatilisés. Refusant d'abord de croire les sombres rumeurs qui courent sur les moeurs effrayantes, mêlant débauche et occultisme, d'un seigneur de la région dont elle a jadis été la nourrice, elle se rend bientôt à l'évidence : c'est vers Gilles de Rais que la portent ses soupçons. Mais, héros de la guerre de cent ans et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, le seigneur de Rais est considéré comme intouchable.

2002. Lany Dunbar, mère de famille et membre d'élite de la police de Los Angeles, reçoit un matin le type d'appel qu'elle redoute le plus, celui d'une mère de famille affolée dont le fils a disparu. En dépit de sa longue expérience dans ce genre d'affaires, elle n'a alors aucune idée de l'horreur dans laquelle elle va être plongée et qui va l'amener à affronter un tueurs d'enfants dont les meurtres ont, depuis des années, échappé à la police. Deux vagues de crimes dont les cibles sont des enfants, séparées de six siècles l'une de l'autre mais aux connections surprenantes ; deux figures du mal intouchables, que deux femmes, liées par un même sens passionné de la justice, vont s'acharner à confondre.

Avec ce voyage haletant à travers le temps et l'histoire, qui allie un incroyable sens du suspense et de l'intrigue, Ann Benson fait une entrée fracassante dans la cour des grands.


Mon avis :

A priori, ce livre avait tout pour me plaire : deux enquêtes parallèles, l’une se déroulant de nos jours, l’autre au XVème siècle, toutes deux concernant des disparitions d’enfants. Un livre de plus de 700 pages ? Même pas peur ! Et puisque les copines de Plume libre ont l’air de l’avoir beaucoup apprécié, je me suis mise à cette lecture avec un enthousiasme non refréné.

Seulement voilà, j’ai bien peur de ne pas complètement partager leur enthousiasme. Et ma (demi) déception tient à une chose très simple : j’ai largement préféré les parties historiques aux contemporaines !

L’enquête actuelle menée par cette policière de Los Angeles sur de mystérieuses disparitions d’enfants ne m’a en effet guère passionnée. Cette affaire démarre plutôt lentement-de quoi m’ennuyer pendant pas mal de chapitres. Mais voilà, même lorsque l’histoire s‘est emballé, la sauce ne prenait toujours pas pour moi. L’enquête ne laisse pas beaucoup de place à la surprise, il y a très peu de rebondissements dans cette affaire. De plus, je me suis demandé tout le roman comment il était possible qu’une seule personne soit chargée d’une affaire aussi grave : pas de confrontation d’idée, pas de recherche en groupe ? .

 Cette enquête m’a donc paru très pâle par rapport à la deuxième, qui m’a au contraire beaucoup plu. Se déroulant en France en 1440, il y est aussi question de nombreux enfants disparus. Pas vraiment de suspense, l’éminent Gilles de Rais en est le responsable. J’ai beaucoup aimé la façon dont Ann Benson m’a transportée vers cette époque, on sent derrière un grand travail de recherche notamment sur le système de la justice de l’époque. Ce qui m’a aussi beaucoup plu dans cette partie est le personnage de Guillemette. C’est une religieuse courageuse, déterminée et vaguement rebelle qui se dresse la première pour que justice soit faite. Elle se révèle aussi très émouvante lorsqu’elle comprend que l’enfant qu’elle a chéri et élevé (elle fut la nourrice de Giles de Rais) est devenu un être si diabolique.

 C’est donc avec un avis parfaitement mitigé que je ressors de ce livre : une partie m‘a régalée, l’autre m‘a ennuyée! Je m’interroge d’ailleurs sur la nécessité d’avoir combiné ces deux enquêtes. Personnellement, je me serais volontiers contenté de la partie concernant Gilles de Rais, aussi odieux soit-il….

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